• Charlotte B.B.

Préserver sa santé mentale dans un monde anxiogène

Nous sommes nombreux à avoir ressenti "le début de la fin" de la pandémie comme une délivrance en approche, comme une ligne d'arrivée après une course interminable, que l'on allait traverser épuisés, mais soulagés. En réalité, sur cette fin de course, les muscles engourdis, une sensation d'avoir de la lave dans les poumons, on terminait ces quelques mètres sur ce bitume fictif, un bras tendu vers le précieux ruban nommé "finish", l'index le frôlant presque, ET BIM. Il a été sauvagement arraché sous nos yeux. Nous sommes là, à chercher comment reprendre notre souffle, les mains sur les genoux, à relever la tête pour contempler le décor et se rendre compte qu'on ne sait foutrement pas où est passée cette ligne d'arrivée, maintenant que le virus qui nous menace le plus n'est plus ce covid mais la guerre. Alors non, ce n'est pas la première guerre dans ce monde, et elles sont toutes dramatiques, mais la pandémie nous a usés mentalement et physiquement, et faire face à "qu'est ce qui pourrait encore bien détruire notre vie, celle de ceux qu'on aime, et bordel quand ce monde va-t-il cesser de partir en sucette ?" demande un effort supplémentaire.


Si, en plus, nous devons faire face à des situations stressantes personnelles (propre santé, santé des proches, et j'en passe), les gouttes qui font déborder le vase ne cessent de se déverser, et le vase baigne dans une flaque de plus en plus large. Alors on fait quoi pour esponger ? (NON, pas avec votre poncho, monsieur Ouille ! Jeeee sooors...)



#1 ASSIMILER QU'EN FAIT... "ON NE PEUT SAUVER TOUT LE MONDE, MAIS TOUT LE MONDE PEUT SAUVER QUELQU'UN" (R.Reagan)

En prendre conscience, agir à son niveau et ne pas culpabiliser. Franchement, si j'avais une baguette magique, je règlerais tous les problèmes du monde entier pour que l'on puisse tous vivre sereinement notre plus belle vie : guerre, famine, pauvreté, injustice, etc. Sauf que dans la vie réelle, pour un seul humain ET en conservant sa santé mentale, c'est impossible. Alors perso, je choisis mes combats : que puis-je faire pour soutenir quelle(s) cause(s), et de quelle manière (qui me soit accessible) ? On ne peut pas agir personnellement avec les mêmes moyens, la même ferveur, sur TOUT ce qui va mal sur cette terre ET sur ses propres combats. Faire ce que l'on peut, à son niveau, et le garder pour soi tant que possible, c'est la meilleure solution à mes yeux, parce que chaque choix que tu fais est un choix personnel qui te correspond à ce moment-là, et c'est OK !

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Donc si au boulot, Karen te fait une remarque sur un petit ton autoritaire à propos de ton crime planétaire pour ce cruel avocat hors saison que tu t'apprêtes à déguster, alors que c'est ton réconfort de la journée dans un combat pour une vie plus saine, tu sais ce qu'il te reste à faire ! AAAARHHHH !!



#2 CONSERVER SON ÉNERGIE

Point vraiment important pour préserver sa santé mentale : se préserver tout court. Ce n'est pas être égoïste, mais simplement faire preuve de bienveillance envers soi-même. Particulièrement dans un contexte angoissant, tout le monde n'a pas les mêmes besoins : certains vont être très expressif, tandis que d'autres ont besoin d'être dans leur bulle.

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Alors forcément, tu es confronté(e) à différentes réactions au quotidien, dont certaines qui ne te conviennent pas... Entre ta moitié très angoissée qui broie du noir et imagine chaque jour le pire scénario alors que toi tu essaies de voir le verre à moitié plein pour ne pas sombrer aussi ; tatie Josiane qui enchaîne les statuts quotidiens sur Facebook et crie au complotisme en revomissant les news du jour alors que tu essaies de garder la tête froide ; ou les réseaux sociaux que tu utilises d'habitude pour te détendre mais qui finissent juste par être des arènes de combat entre spécialistes du bullshit,... NON. STOP. Le tout, c'est d'arriver à jongler entre les moments où tu dis "oui aux autres", et ceux où tu te dis "oui à toi". Être disponible OUI, finir à l'asile dans 6 mois NON. Alors perso, je désactive les notifications des réseaux. Je mute le contenu des personnes qui me fatiguent. J'essaie de passer du temps de qualité avec mon amoureux, mes proches, mes amis, mes collègues, ou seule avec un bouquin ou en faisant une séance de sport. A chacun ses besoins, il faut les écouter.


3# RECHARGER LES BATTERIES

Et sortir de la culpabilité. Oui, le monde va mal. Mais tu as le droit de passer de bonnes journées, tu as le droit de profiter de tes petits bonheurs quotidiens, tu as le droit de lire, rire ou pleurer ou les deux à la fois, faire du sport, du shopping, profiter d'un spa, cuisiner/commander de bons petits plats, de te dire que tu as de la chance ou parfois que tu as la poisse, de partager tes émotions, d'être angoissé(e) même si "il y a pire",... La liste est infinie. Culpabiliser, invalider tes émotions, vivre dans l'angoisse en restant scotché(e) aux news H24, je te jure que ça ne change rien à la situation planétaire. Mais ça bousille ton équilibre. Et tu es la seule personne à pouvoir maintenir cet équilibre, en agissant à ta hauteur, en prenant soin de toi et de tes proches, et en acceptant que tu as le droit de faire ta vie comme tu l'entends.



Et toi, comment fais-tu pour prendre soin de ta santé mentale ?


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