samedi 2 janvier 2016

2015, une année charnière.

Ça y est, 2016 a pointé le bout de son nez.

Avec son arrivée, j'ai repensé à 2015 (comme tout le monde). J'ai même relu mon article de l'an dernier. Mon dieu, quelle bouffée d'air frais, tout s'est accompli. Le seul point noir de cette année : le décès de mon tonton Bob, dernier rescapé de mes souvenirs d'enfance... Il rejoint ma petite mamy adorée et leur soeur, tante Loulou. Malgré ce malheur, j'ai la chance d'avoir mon noyau familial intact et j'y tiens plus que tout. L'an dernier, j'étais dans un état d'esprit tout autre : entre 2013 et mi-2014, je me souviens... Le stress, l'angoisse d'aller travailler, ce stress mangeait tout. L'injustice quasi permanente, l'incompétence, la manipulation. Un quotidien invivable, qui m'aura bien servi à m'armer et grandir. Pour cela, je lui dis quand même merci, à ce travail. Grâce à lui, en 2015, j'aurai appris à passer au-delà de la peur, à ne plus craindre qui que ce soit, à réévaluer correctement ma personne, à (me) donner justice et voir quelles sont mes cartes en mains. A me rendre intouchable. Fin 2014, une bouffée d'air frais, une échappatoire, un travail épanouissant avec un patron adorable, puis la chute. Une faillite, des problèmes d'argent. Une crise d'angoisse terrible, des angoisses permanentes. Et malgré tout ce mal, je savais que du bon se préparait. J'avais frôlé du bout des doigts un quotidien agréable, qui me plaisait. Un job parfois trop calme, mais un patron tellement gentil, que cela m'avait redonné espoir, au point que je ne pouvais même pas être réellement fâchée contre lui à propos de la faillite. Il le savait dès le départ... Mais à vrai dire, je m'en fiche toujours autant. Être coincée par l'argent était bien entendu angoissant, mais il m'avait "sauvée" de mon premier emploi, si bien que je lui en étais reconnaissante, j'aurais tout accepté pour ne plus subir ce harcèlement moral et cette pression qui me donnaient la sensation que mes organes allaient exploser jour après jour... Du coup, je savais que ça ne pouvait pas rester comme ça. Je misais sur 2015 pour m'apporter un équilibre psychologique et professionnel et surtout, retrouver la santé. Et j'étais bien entourée de ma famille et mes amis, une bénédiction.


C'est ainsi que les premiers mois de 2015 ont été mis sous le signe de la santé en premier lieu : je devais apprendre à gérer ces angoisses et je devais me battre avec les administrations pour récupérer mon dû suite à la faillite, devant faire face à un curateur paresseux. Ça a été très dur. J'ai craqué. Souvent. Je n'étais pas en état de chercher du travail dans cet état et ces conditions, et tout le monde me soutenait : le Forem, la médecine du travail, mon médecin. Ces trois piliers ont tout appris dans les moindres détails sur mon parcours, en plus de mon syndicat. Ils m'ont donné raison. TOUS. Ils m'ont soutenue. Le Forem lui même qui te dit de bien réfléchir avant de postuler et de ne pas le faire tout de suite car tu es tombée sur "un employeur monstrueux" puis sur "un pas de chance"... Cela a été un des moments les plus réconfortants depuis longtemps à cet instant. Et là j'ai compris : il était temps de m'accorder du temps, de faire le point sur ce que je voulais et ce que je ne voulais plus. J'ai commencé à me détendre en sentant le soutien de ces piliers très importants dans le monde du travail, en plus du soutien de ma famille et mes proches. Je me suis accrochée à la salle de sport même si je n'avais pas de résultat, je me suis battue, je voulais juste donner un sens à mes journées et évacuer du stress tant que possible pour éviter les angoisses. Ensuite, j'ai récupéré une partie de mon argent en février, justice. Et là, je sentais que le bout de la galère arrivait. Les angoisses s’espaçaient, mon avenir s'éclaircissait, je ne prenais plus que très peu de gouttes anxiolytiques, seulement quand je sentais que les vagues d'angoisse devenaient "dangereuses". Petit à petit, j'ai senti que le vent tournait.

Vers fin mars, je me souviens parfaitement du retour du soleil, des longues journées plus agréables. J'ai repris plaisir à prendre l'air, juste me balader. Mes proches m'ont reboostée. Et je me suis sentie prête à travailler. Une force, une chaleur, commençait à envahir mes tripes chaque matin. J'avais envie de retourner dans la vie active, de me rendre utile, de donner un sens à chaque journée. J'avais envie de revivre ce que j'avais entraperçu dans mon 2e job, à savoir être utile, m'amuser, avoir envie d'être là, gagner ma vie et en être fière ! Râler de devoir me lever tôt, râler qu'on soit lundi après un week-end trop court, tout cela commençait à me manquer. Alors j'ai postulé, avec une précision presque scientifique. A la moindre offre suspecte, je ne postulais pas. Il m'est arrivé de ne pas donner suite à certains mails où l'on m'informait que j'étais retenue pour un rendez-vous, car après réflexion je me rendais compte qu'il y avait des choses qui ne me convenaient pas (contrat, rémunération, horaires,...). Je faisais la bourgeoise, mais je m'en foutais : la santé et le bien-être avant tout, et hors de question de reprendre le 1er job qui passait. Je me donnais un an maxi. C'est ainsi que fin mai, deux postes me plaisaient beaucoup : l'un à Charleroi, l'autre à Bruxelles. J'étais en lice pour ces deux postes, temps plein CDI chacun, rémunération pratiquement identique, et l'on reviendrait vers moi début juin pour les deux. J'ai réfléchi durant ces quelques jours à celui qui me conviendrait le mieux. J'aimais Charleroi pour le fait de pouvoir y aller en voiture et pour les horaires 8-16, mais j'aimais Bruxelles pour retravailler en plein centre-ville, dans un poste un peu plus "large" niveau tâches et pour apprendre le RH plus en profondeur. Un jour je penchais pour Bruxelles, le lendemain pour Charleroi. Puis je me suis dit que Bruxelles, quand même, ce serait pas mal, malgré l'appréhension évidente de me relancer dans le bain après toutes ces aventures... Et puis le 1er appel : Bruxelles. J'étais retenue, et j'étais super contente, bien qu'un peu effrayée aussi. Charleroi m'a mis un mail le même jour, mais j'ai senti avoir fait le bon choix à ce moment-là. 


L'été 2015 a été une belle remise dans le bain, des moments difficiles, et des moments super sympas. J'ai pris en main ce que j'avais frôlé précédemment : être utile dans un poste où je suis autonome, et où je peux contribuer à une ambiance assertive. Bien que j'aie décidé de ne plus jamais me définir "trop" par mon travail, je ne peux m'empêcher de m'impliquer plus que de raison tout de même. Je suis manager adjointe, je prends soin de mon équipe et de mes collègues, je suis juste et je me suis promis de tout faire pour que jamais ils ne vivent ce que j'ai connu auparavant. De par ce milieu, le sport est REdevenu une partie de moi : un de mes adorables collègues qui est coach, me suit et me fait correctement travailler. J'ai perdu 8kg tranquillement, à mon aise, sans me priver. Je marche tous les jours et je suis dans un poste mi-bureau, mi-actif. Jusqu'à présent je me sens bien, au bon endroit. Je touche du bois pour que cela dure, bien que j'aie appris à toujours laisser un fossé entre le travail et moi désormais. Je m'implique à 1000%, je m'y plais, j'aime ce que je fais, mais je garderai toujours des traces des événements 2013-2014 et je n'hésiterai plus jamais à quitter le navire et me préserver en cas de problème irréversible. Un travail reste un travail, il faut y apprendre tout ce que l'on peut, et s'y épanouir tant que possible. Si cela n'est plus le cas et qu'aucune solution n'est envisageable sur place, il faut se rendre compte de toutes les portes qui demandent à être ouvertes tout autour... !


De ce fait, pour 2016, je ne souhaite rien de particulier. Juste continuer de profiter de ma famille comme je l'ai fait encore plus fort cette année, de continuer de prendre l'air souvent, de choyer et d'être choyée, de me bouger à mon aise, et de continuer de m'épanouir professionnellement. Je souhaite juste que les choses restent comme elles sont parties depuis ces derniers mois. Et c'est tout ce que je vous souhaite également : l'amour de vos proches, le bien-être tout court, et un job épanouissant !

16 commentaires:

  1. Tu t'es bien battue cette année 2015 je trouve et tu as aussi beaucoup gagné en sérénité. Je suis contente que tes objectifs soient atteints et je te souhaite de continuer sur ta lancée pour cette année 2016 et toutes les autres à venir!! ♥ ♥ ♥ ♥

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    1. Merci ma belle ♥ ♥ ♥ !
      Oui tu as raison, je suis beaucoup plus sereine, j'ai appris à ne plus m'inquiéter je pense. Je te souhaite tout le meilleur pour 2016 et les autres à suivre également ! Merci d'être toujours là ♥

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  2. Hello, je trouve ton article hyper touchant ! Tu t'es vraiment bien battue, c'est impressionnant et ça force au respect. Je te souhaite une très belle année 2016, sans nuages, avec douceur et sérénité. Des bisous <3

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    1. Merci pour ton message, ça me fait super plaisir :-)
      Moi aussi je te souhaite une excellente année 2016, que tout se passe au mieux pour toi. On mérite d'être bien ! Bises ♥

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  3. Cette année t a été bénéfique et tu sais j aimerais pouvoir avoir réussit le chemin que tu as fait. Parce que le traail dont tu parles, en 1er, je connais, je le vis chaque jour.. jusqu a ce que j arrive à ton point mais cela personne ne le sait, personne ne sait à quel point cette situation me bouffe. Comme j'ai envie d autre chose sans savoir quoi c est juste horrible! Je connais que trop bien la situation alors je te tire mon chapeau, je te dis bravo parce que tu as réussit, tu as écouté tes envies et tu le vis parfaitement mieux.. Bravo encore

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    1. Merci pour ton message, il me touche beaucoup !

      Tu sais, tout n'a pas été simple : moi aussi au début j'avais l'impression que personne ne savait à quel point cela pouvait me bouffer. J'avais même l'impression que c'était moi qui exagérait. Puis, en discutant avec mes collègues, nous nous sommes avoué que nous étions toutes dans la même situation et que non, nous ne rêvions pas : nous subissions vraiment du harcèlement moral ! Nous avons été complètement perdues au début, il était difficile de savoir quoi faire, on se sentait prisonnières... Pour la plupart c'était notre 1er job, pour d'autres c'était tellement du jamais vu qu'elles en perdaient leurs moyens. Alors nous avons décidé d'agir et de faire savoir ce qu'il se passait : tu as la médecine du travail à ta disposition, tu as ton syndicat, tu as ton médecin, et bien entendu ta famille. Il ne faut pas hésiter à en parler car c'est justement comme ça qu'on trouve des solutions. Pour ma part, j'ai eu besoin d'un psy. J'étais à bout, je faisais un burn out. Il m'a dit que je devais faire un break pdnt au moins 1 mois pour faire avancer la thérapie... Au début, je ne voulais pas, j'avais trop peur. Puis je n'ai plus eu le choix car force était de constater qu'entre deux séances, ce travail anéantissait les efforts faits en thérapie. Mon médecin a appris tout ce qu'il se passait et m'a directement mise au repos pdnt 1 mois. Pdnt ce mois, le psy m'a fait comprendre à quel point on doit être acteur de sa vie et que les peurs sont infondées au travail. Il me poussait à chercher "la pire situation" : et alors si tu es en maladie ? Et alors si tu démissionnes ? Et alors si tu leur fait front ? A force, j'ai compris que je finissais par me mettre des barrières toute seule ! Résultat j'ai cherché du boulot et j'ai eu beaucoup de chance car en 1 mois, j'ai trouvé autre chose (même si c'était voué à la faillite, même si je l'avais su dès le départ j'aurais sauté dedans quand même). Et la suite tu la connais :-)

      Je te conseille vraiment de te poser, réfléchir, chercher activement autre chose. Si tu ne vas pas bien, n'hésite pas à te faire aider par un psy et ton médecin. Personne ne mérite de vivre dans un tel état de stress et de tristesse...

      Je te souhaite beaucoup de courage, n'hésite pas si tu as besoin d'en parler, tu as mon mail :-)

      Bises !

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    2. Dans mon cas c est différent, je ne peux pas trop expliqué ici mais je travaille dans le public et cela ne se passe pas du tout comme dans le privé (car au final il y a tjs des personnes de ton entourage pro qui connaissent tel ou tel acteur qui auraient pu t aider ou t ecouter) je n ai pas de solution mis à part patir. Partir.. ca serait une solution mas mon deuxieme probleme c est le rapport avec l argent j'ai peur d en manquer, ca me stress d'etre en galère du coup je ne me vois pas partir sans rien.
      Tu ecris qu'il faut etre acteur de sa vie, ca je suis d accord, pour ma part j'en suis spectateur, depuis longtemps depuis mon adolescence j ai des freins, des peurs, des barrieres, des croyances personnelles qu on m a souvent mis dans la tete et que je n arrive pas à chasser.
      C est compliqué, car j'ai beau chercher je ne trouve pas, et surtout je sais que j ai envie de faire autre chose mais je ne sais pas. Au final je fais un énorme blocage et je ne passe ps au dessus. Pour le coup je suis admirative de celles qui arrivent à le faire mais mon probleme c est que je vis un peu "leur cheminement" par procuration et que de mon coté.. j'ai envie d 'avancer mais rien n'y fait.

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    3. Oui je vois ce que tu veux dire, ma maman aussi est dans le public et c'est vraiment compliqué pour elle. Elle a subi du harcèlement moral puissance 1000 et mis à part avoir été mise en maladie pour s'en remettre quelques temps, elle n'a pas eu d'autre solution. D'autant plus qu'elle est bientôt à l'âge de la retraite donc changer de boulot bof... Et puis elle aime ce qu'elle fait.

      En fait quand je te lis je me rends compte que j'étais tout à fait pareille avant, c'est le psychologue que j'ai vu qui m'a aidée à me pousser, à devenir actrice justement. J'avais trop de craintes, de gens, d'argent, etc... Je ne me voyais pas avancer, je me sentais coincée. Avoir l'avis objectif et professionnel d'un psy ça m'a vraiment libérée. Je pense que ça pourrait vraiment t'aider, ne fut-ce qu'à cibler tes envies et tes peurs, et arriver à les travailler ?

      En tout cas de tout coeur avec toi parce que je ne sais que trop bien comment l'on peut être stressée et s'étouffer à petit feu...

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  4. Je suis heureuse de voir que cette année 2015 t'a permis de te recentrer sur toi et aujourd'hui, tu apprécies la vie d'une autre manière!!! Bravo à toi et douce année 2016 <3

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    1. Merci beaucoup ! Douce et belle année 2016 à toi aussi <3

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  5. Quel bilan positif ! Je t'admire car ce n'est pas donné à tout le monde de trouver la force de se sortir de tels mauvais pas...

    Gros bisous, caresses aux loutres et meilleurs voeux pour 2016 ♥

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    1. Merci beaucoup ! ♥
      Je ne l'ai pas trouvée toute suite cette force, il m'a fallu un bon 6 mois, c'était dur, très dur... Mais je suis tellement contente d'être arrivée où je suis à tous niveaux, et surtout d'avoir retrouvé une sérénité intérieure, c'était important.

      Gros bisous et je te souhaite tout le meilleur pour 2016 ! ♥

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  6. Ton article est superbe et tu peux sincèrement être fière de ton parcours. Dans mon boulot, je suis régulièrement confrontée à des personnes qui ont eu affaire à des employeurs malhonnêtes, et c'est parfois très difficile de les encourager et de les faire croire en un avenir meilleur.

    Je te souhaite que 2016 soit toute autant épanouissante et t'apporte son lot de magie ! :)

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    1. Merci beaucoup ma jolie, je te souhaite tout le meilleur également pour 2016 ! :-)

      C'est ce que l'on m'avait dit au Forem aussi, que certaines personnes tombent sur des employeurs vraiment malhonnêtes et qu'il est difficile de se lancer ensuite :-/

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  7. Honnêtement ma jolie Cha', tu m'as foutu les larmes aux yeux. De part la situation que tu as vécu, mais surtout de lire ta force et ton courage même si ça a été dur. Tu peux être fière de ce que tu as parcouru parce qu'aujourd'hui tu as cette chance de t'épanouir et ça se sent dans tes mots ton "bonheur" professionnel!! Tu ne peux qu'être fière de toi, tu es une jeune femme forte même si oui, tu auras toujours des traces de ce que tu as vécu. Mais grâce au soutien de ton entourage, et à l'amour de tes proches, tu as réussi à avancer. Tu as les plus belles armes pour t'accompagner au quotidien! Sois heureuse pour cette année 2016 ma Belle, chaque jour encore plus, tu le mérites terriblement

    Gros bisous ♥

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    1. Merci ma belle, ton message me touche énormément ! ♥♥♥
      Plein de bisous et tout le meilleur pour 2016 ♥

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